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PROJET 2002/2003: VOYAGE D’ ETUDE AU BURKINA FASO ET INSTAURATION D' UNE COOPERATION NORD - SUD
SOMMAIRE
DECOUVERTES ET ACTIONS HUMANITAIRES COMMUNICATION AUTOUR DU PROJET ANNEXES: - Burkina Faso: Géographie, Histoire, Culture
L’ Association ROCHE - O.U.E.S.T., créée en septembre 1997, a pour objet de faciliter les relations humaines et pédagogiques ainsi que de promouvoir les actions et projets (individuels et collectifs) au sein du département des Sciences de la Terre et de l’Univers de l’Université de La Rochelle. De nombreuses sorties géologiques sont organisées tout au long de l’année en complément de la formation proposée par le département. De plus, des expositions et des conférences ont été mises en place en particulier dans les collèges et les lycées, afin de sensibiliser le grand public à la géologie. Lors de la venue de Martin Lompo, en 1997, enseignant chercheur au département de géologie de l’université de Ouagadougou, un jumelage a été proposé entre Roche-O.U.E.S.T. et le C.E.G.E.B. (Club des Etudiants de Géologie du Burkina-Faso) suite à une volonté commune d’établir un partenariat Nord-Sud. Ce partenariat se traduit par un échange culturel au-delà de la confrontation entre deux types de formations en Science de la Terre, celle partagée à Ouagadougou et celle partagée à La Rochelle. Plusieurs actions et partenariats ont été prévus, dont un échange des modes de formations en Science de la Terre, un envoi d’échantillons de roches sédimentaires au Burkina-Faso. Mais surtout une rencontre entre deux communautés au cours d’un voyage d’étude géologique et humanitaire organisé au Burkina-Faso.
Cette année, et ceci avec l’appui de certains de nos professeurs, nous projetons de concrétiser cet engagement par un voyage de quinze jours au Burkina Faso du 7 au 22 février 2003.
D’un point de vue géologique, le Burkina-Faso présente deux grands types de formations : 1- 80% de formation cristallophylliennes, dont les plus anciennes (Précambrien D plus de 2 milliards d'années) sont des granitoïdes associés à des roches basiques(1)et à quelques gneiss(2). Elles sont traversées par de grands sillons (20 à 50 km de large avec quelques centaines de kilomètres d'extension) composés de volcanites et de formations sédimentaires métamorphisées plus jeunes (Birrimien ≈ 2000 – 1600 millions d'années). 2- 20% restant sont des formations sédimentaires de bassins. Dans tous les cas, il s'agit essentiellement de formations détritiques. Au Nord-Nord Ouest du pays, le bassin de Taoundéni, au Sud-Est, le bassin Voltaïen.
Au Phanérozoïque, on distingue des formations volcaniques et subvolcaniques qui se mettent en place sous forme de sills, necks(3) et autres petits appareils dans les formations préexistantes, des dépôts continentaux appartenant au Continental terminal sont également bien présents en Afrique de l’Ouest.
Notons que la géologie économique se localise essentiellement dans les sillons birrimiens.
Nous proposons une étude pétro-structurale à travers le Burkina avec étude de sites et visite de quelques mines et carrières.
1. Basique : s’applique à des roches pauvres en silice (SiO2 < 50%). 2. Gneiss : roche métamorphique à foliation caractérisée par des lits de teintes sombres alternant avec des bancs clairs. 3. Neck : masse de roches magmatiques, de forme conique ou cylindrique(remplissage de cheminée volcanique) de diamètre de quelques dizaines ou centaines de mètres.
L’Afrique fascine par sa diversité culturelle, religieuse, ethnique… Malgré toutes ces richesses, l’Afrique a des besoins réels. Pour pallier à ce manque, de nombreuses actions doivent être menées. Pour toutes ces raisons l’association Roche-O.U.E.S.T a décidé de participer à une action de coopération et d'échange avec son homologue burkinabé, le C.E.G.E.B.
· Aides matérielles :
- Apport de matériel géologique (marteaux, boussoles, loupes, etc…). - Apport de livres scientifiques (ouvrages de bases et spécialisées). - Apport d’échantillons de roches sédimentaires et de fossiles, absents ou rares en Afrique.
· Echanges et actions culturelles :
- Echanges des expériences avec les étudiants Burkinabé : comparaison des approches, de nos formations respectives, tant au point de vue théorique que pratique et notamment en ce qui concerne le terrain. - Comparaisons entre la formation de Sciences de la Terre en France et en Afrique ; complémentarité envisagée au cours d’échanges. - Présentation de la vie culturelle française, introduction à la géologie et à la géographie. - Rencontre des populations, notamment nomades et Dogon.
1er jour: Voyage La Rochelle – Paris - Ouagadougou
2ème jour : Accueil à Ouagadougou, visite de la ville et de l’université (remise des cadeaux), premières rencontres et mise en place du protocole de coopération Nord – Sud ( formations, recherches).
3ème jour : Excursion géologique : ceinture birrimiène: observation de roches sédimentaire métamorphiques de 2000-1600 millions d'années
4ème jour : Excursion géologique : mine de Poura: observation de formations aurifères
5ème jour : Transversale Ouagadougou – Ouahigouya – Koro (passage au Mali)
6ème jour 7ème jour : Pays Dogon 8ème jour
9ème jour : Visite de Mopti et Djenné
10ème jour : Retour sur le Burkina
11ème jour : Excursion géologique au Nord Est :complexes annulaires 12ème jour : Réserve du Sahel
13ème jour : Retour et préparatifs de départ
14ème jour : Retour à La Rochelle
Motivations de ROCHE-OUEST:
· Pourquoi voulons-nous faire ce voyage?
Pour établir un partenariat Nord - Sud traduit nécessairement par un échange culturel au-delà de la confrontation entre deux types de formations en Sciences de la Terre, celle partagée à Ouagadougou et celle partagée à La Rochelle.
Pour acquérir un complément d'information sur des terrains précambriens entre 3 et 1,6 milliards d'années qui n'existent pas en France.
· Pour Qui?
Pour les étudiants du département de géologie de Ouagadougou et aider au renforcement du développement de ce département par l'apport de matériel de terrains (loupes, boussoles, marteau) et de manuels scientifiques. Pour les étudiants du département de géologie de La Rochelle afin d'acquérir de l'expérience professionnelle dans le montage de projet scientifiques et humanitaires, pour élargir les échanges culturels pour les autres générations d'étudiants à venir.
· Conditions financières
- Participation du groupe = 6 100 €
- Subventions : 22 000 €
Afin d’encourager la poursuite de cet échange et d’éveiller des vocations, il sera organisé de nombreuses animations avec des supports divers et variés:
Expositions : Dans le hall de la B.U. A l’AquariumAu Muséum d’histoire naturelle A l'UniversitéDans les écoles : collèges et lycées
Création d'un site Internet
Elaboration d'un CD-Rom ou d'un DVD (montages audiovisuels)
Proposer des reportages aux journaux régionaux et nationaux pour leur faire part des nombreux échanges et des expériences que nous menons.
La Rochelle le 9 octobre 1997
Bonjour Martin,
Nous te remercions d’avoir répondu à notre demande concernant le jumelage. Nous avons donc créé notre association au début du mois d’octobre. Celle-ci s’appelle Roche O.U.E.S.T. (Organisation Universitaire des Etudiants en Sciences de la Terre).
L’idée d’un jumelage a été favorablement accueilli par le Conseil d’Administration de cette jeune association ainsi que par l’ensemble de ses membres.
De façon à faciliter les démarches administratives, nous t’envoyons les statuts de notre association ainsi qu’une lettre officialisant notre intention d’établir un contact avec l’association des étudiants de Ouagadougou. Nous pensons qu’il serait bon dans un premier temps de procéder à des échanges de matériel pédagogique (paléontologique, minéralogique...) pour concrétiser nos rapports.
C’est dans cette optique que notre association entamera au mois de novembre une série de sorties sur le terrain en vue de récolter un échantillonnage de la paléontologie régionale.
Nous souhaitons orienter nos recherches en fonction de vos besoins locaux. A cet effet nous te sollicitons pour motiver le corps enseignant à nous envoyer une liste détaillée non exhaustive, que ce soit au niveau de pièces d’une importance en systématique, d’une qualité en vue d’un travail de détermination, d’un échantillonnage des différents modes de fossilisation, de curiosités propres aux dépôts fossilifères (lumachelles, calcaire coquiller, calcaire corallifère...) ainsi que des différents faciès pétrographiques propres au dépôts du secondaire.
Nous pouvons également te faire parvenir du gypse (Fibreux, saccharoïde et en lentilles), si cher à Christian...
Merci de faire parvenir les documents qui suivent à qui de droit et au plaisir de se revoir.
Olivier et Benjamin. ______________________________
A l’intention de l’association des étudiants en géologie de Ouagadougou.
Bonjour,
Une association étudiante baptisée Roche OUEST (Organisation Universitaire des Etudiants en Sciences de la Terre) a vue le jour à la fin du mois de septembre à la faculté de Sciences de l’université de La Rochelle. C’est au nom de cette association ,« loi 1901 à but non lucratif » (ci joint, vous trouverez les statuts officiels), que nous vous contactons aujourd’hui à fin d’établir des liens entre des étudiants français et burkinabés.
Rassemblés autour de la géologie, nous appréhendons la compréhension de l’histoire et du fonctionnement de notre Terre par l’étude des parties de notre planète directement accessible à l’observation, nous obligeant à prospecter ou à visiter les régions représentatives d’une dynamique donnée. De même il s’avère nécessaire pour comprendre un phénomène pétrographique, minéralogique ou paléontologique de posséder des collections dans ces différentes disciplines.
C’est pourquoi nous vous sollicitons pour un jumelage inter associations orienté autour des axes suivant :
· Echanges pédagogiques (matériel et documents géologiques qu’il nous est difficile de trouver dans nos pays respectifs) · Echanges culturels (enrichissants au point de vue personnel et incontournables pour un cursus au sein des Sciences de la Terre, qu’il soit suivi à La Rochelle ou à Ouagadougou).
C’est avec un plaisir certain que nous essayerons de nous rencontrer sur le sol africain ou européen.
Pour Roche OUEST,
Benjamin Poupin(vice-président) Olivier Féménias(secrétaire)
· Capitale : Ouagadougou, 941 890 habitants· Habitants : Burkinabé · Président : Blaise Compaoré · Superficie : 274 200 km² · Population : 11 087 000 habitants · Point culminant : mont Téna Kourou, à l’ouest, près de la frontière du Mali(749m) · Monnaie : franc C.F.A.(communauté financière d’Afrique) · P.N.B. : environ 240 dollars U.S. par habitant en 1995 · Langue officielle : français · Religions : Animisme, Islam, Christianisme · Taux d’alphabétisation : 39% · Espérance de vie : 47 ans
· 7ème-15ème siècle : début de l’islamisation de l’empire du Ghana. Début du royaume Mossi. · 15ème –début 19ème : Querelles inter dynasties. · 1840-1850 : Apogée de l’empire Peul de Macina et expansion de l’islam. · Fin 19ème : Signatures de divers partenariats avec la France · 1900-1960 : Domination coloniale française. · 1914-1918 : Recrutements massifs de jeunes soldats pour servir la France. · 1960 à nos jours : Indépendance de plusieurs états d’Afrique occidentale dont la Haute-Volta. Début de la recherche d’une stabilité politique qui restera fragile.
Dans presque tout les pays d’Afrique, les traditions séculaires qui régissaient la vie sociale ont été passablement altérées par l’urbanisation. Le pays est constitué de 65 ethnies qui sont restées fortement attachées à leur tradition et à leur identité. L’organisation sociale est régie par des codes de comportements extrêmement complexes et spécifiques à chaque groupe.
· Le rôle des chefs traditionnels Burkina Faso certains chefs coutumiers estiment avoir le droit de vie ou de mort sur leurs sujets même s'ils sont en même temps députés, maires ou conseillers. Leurs dérives embarrassent le gouvernement dont ils sont des alliés de poids Dans certaines régions du Burkina, une simple consigne de vote du naba détermine aujourd'hui encore l'issue du scrutin… Mais les chefs traditionnels ne se contentent plus d'être des faiseurs de rois, ils descendent désormais dans l'arène politique. Le pouvoir politique ne veut pas s’attaquer de front aux dérives des chefs, pour éviter de se les mettre à dos. Mais il sait que les excès de la chefferie constituent un frein à l’«approfondissement de la démocratie». Au Burkina Faso, toutes les ethnies ne reconnaissent pas l'autorité, fut-elle morale, d'un chef traditionnel. Tel est le cas surtout à l'Ouest et au Sud-ouest du pays, où chacun est son propre chef. En revanche, les Mossi, ethnie majoritaire, descendants de l'empire mossi créé au 13ième siècle, et présents surtout au Centre, à l'Est et au Nord, continuent de vénérer leurs souverains, les nabas. Le plus illustre d'entre eux est le Moro Naba ou Mogho Naba, l'empereur des Mossis qui perpétue aujourd'hui encore les traditions.
· Le village et la familleLa famille est composée du chef de famille, de ses épouses(pas plus de quatre chez les musulmans) et de ses enfants. Chaque famille joue un rôle dans le village établi par son hérédité et son origine. L’enfant de part son éducation est appelé à devenir un adulte capable de remplir toutes les tâches de la vie quotidienne ; en particulier la pêche et l’agriculture.
· La place des femmes dans les ethnies De tout temps, les hommes ont été polygames. Mais dans les villes, avec l’adoption des habitudes occidentales et le problème financiers inhérents à la vie citadine, cette pratique tend à disparaître pour laisser place à la monogamie. Au village, selon sa qualité de première, deuxième, ou troisième épouse de chef de clan, ses pouvoirs et son rôle sont déterminés par un code de comportements ancestraux. Traditionnellement, le rôle de la femme se joue à la maison et la mission primordiale qui lui est assignée est celle de procréer. Dans les sociétés, communautés ou cultures où l'on estime qu'elle doit travailler, son rôle se limite à l'exécution des travaux domestiques et champêtres. Par contre, la femme a un nombre illimité de devoirs et d'obligations. Elle doit obéissance et soumission; elle doit se faire belle.
· Code de comportementsUne multitude de règles régit la vie de chacun. Les coutumes sont liées à des croyances qui s’avèrent différentes pour un chrétien, un musulman ou un animiste. Le statut social d’un individu ou sa place dans la famille(femme, frère,…) peut le soumettre à des devoirs et interdits qui le concernent personnellement.
· Religions et croyancesLes Burkinabé se partagent en trois religions l’Animisme, l’Islam et le Christianisme. L’Animisme n’est pas vraiment un groupe à part. Il est ancré chez toutes les populations. Dès leur plus tendre enfance, les Burkinabé sont en contact avec le monde animiste et toutes ses représentations, à travers les légendes, les contes transmis par leur famille.
· Sorciers, féticheurs et maraboutsChez plusieurs ethnies du Burkina Faso, le sorcier « mangeur d’âmes » jette sa malédiction sur quelqu’un et lui vole son âme. Le féticheur est un véritable prêtre de l’animisme, seule religion traditionnelle africaine. Il est le gardien des valeurs traditionnelles et a le pouvoir de communiquer avec les divinités ou les ancêtres grâce à la force émanant d’objet ou des lieux sacrés. Le marabout est un religieux musulman, on lui accorde des pouvoirs magiques, des dons de guérison, de divination,…
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